La peur de la rage canine en 1856.

Depuis des temps immémoriaux la rage était une maladie qui terrorisait les populations. Elle était mortelle presque à chaque fois et les malades mouraient dans des conditions épouvantables. La maladie était transmise par des morsures de chiens ou de loups qui semblaient devenus fous et qui bavaient abondamment. C’est le génial Louis Pasteur qui en 1885 découvrit le vaccin contre cette maladie.

Un document de 1856 trouvé à la mairie de Louresse-Rochemenier montre que l’on ne prenait pas cette maladie à la légère.

Suite à des attaques sur des chiens domestiques de la part de chiens errants manifestement atteints de la rage (« hydrophobie » dans le texte) le maire ordonne aux Louressois de garder leurs chiens attachés, y compris les chiens qui gardent les troupeaux. Le garde-champêtre est chargé de tuer les chiens errants.

Le maire était : le Comte Léon de Contades. Le garde-champêtre était probablement André Bodineau (nommé en 1839).

Commune de Louresse-Rochemenier.

Arrêté de Mairie.

Nous, maire de la commune de Louresse-Rochemenier, considérant qu’il est un fait avéré que la grande majorité des chiens ont été battus par des chiens reconnus attaqués d’hydrophobie dans notre commune. Considérant que les suites peuvent occasionner les plus graves dommages aux habitants et les plus grands malheurs.

Par ces considérations nous avons arrêté et arrêtons ce qui suit :

Art 1er : à partir de ce jour tous les habitants seront tenus à tenir leurs chiens à l’attache la nuit ou à les refermer en lieux sûrs.

Art 2e : nul ne pourra sortir son chien même pour la garde des bestiaux sans qu’il soit muselé ou tenu en laisse.

Art 3e : toute personne qui ne se conformera pas à cet arrêté sera rendu responsable de tous les dégâts qui pourraient résulter par la suite de la non-exécution de cet arrêté.

La gendarmerie, le commissaire cantonal et le garde-champêtre sont chargés de l’exécution du présent arrêté. Il est enjoint au garde-champêtre de tuer sur place tout chien qu’il trouvera errant sur la place publique ou dans les chemins et autres lieux.

A la mairie de Louresse-Rochemenier le 2 mars 1856.

En l’absence du maire : Frédéric Caslot adjoint.

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