L'inutile Garde Territoriale
Deux documents trouvés à la mairie de Louresse montrent
que les autorités françaises ont voulu créer des unités de défense locale dans tout le
pays, même loin du front. En effet, grande était la peur de voir arriver à
l’intérieur des terres des parachutistes ennemis qui seraient des espions ou des
saboteurs des voies ferrées et autres infrastructures sensibles. Une première
organisation appelée les « Vigilants Angevins » fut créée. Mais il s’agissait
plutôt d’une organisation civile basée sur le volontariat, un peu analogue à
la » défense passive ». Elle s’occupait de la surveillance et de la collecte de
renseignements.
Pendant la « drôle de guerre », à partir de la
déclaration de guerre du 3 septembre 1939, la situation reste figée. Le danger
paraît irréel. Mais brusquement, le 10 mai 1940, les Allemands lancent la guerre
éclair. L’armée française est bousculée. A l’arrière, on s’inquiète. Les
autorités décident de créer la « Garde Territoriale », qui reprend les grandes
lignes des « Vigilants Angevins » mais avec une organisation beaucoup plus
militaire sous la direction de la gendarmerie.
Par courrier de la gendarmerie, le 26 mai 1940, il est
ordonné aux maires de recenser et rassembler les réservistes et les volontaires.
Les ébauches de sections sont commandées par les réserviste les plus gradés. Mais
la Garde Territoriale manque de tout : armes, uniformes, logistique, officiers
expérimentés. On demande même aux chasseurs des communes rurales de participer
aux patrouilles avec leurs armes.
La situation sur le front se détériore si vite que
l’organisation tarde à se mettre en place. Le 22 juin 1940 c’est l’armistice. La
plupart des sections angevines de la Garde Territoriale n’ont pas eu le temps d’exister.
Dans les délibérations du conseil municipal de
Louresse-Rochemenier il n’est même pas question d’une éventuelle Garde
Territoriale. Mais nul doute que s’il s’était passé quelque chose de suspect sur
la commune, le maire Joseph COURANT aurait averti la gendarmerie.
