EGLISE DE ROCHEMENIER

Aspect probable avant 1731

DATES CLÉS

- Présence néolithique et gallo-romaine attestée par les fouilles archéologiques.

- 4e et 5e siècle : arrivée du christianisme en Anjou. Voie romaine de Doué-la-Fontaine à Gennes (en limite de Varannes-sous-Doué et Rochemenier), et d’Angers à Poitiers (par Louresse). Premiers évêques d’Angers : DEFENSOR et MAURILLE. Le christianisme est d’abord la religion des citadins et des notables. Les religions traditionnelles subsistent encore quelque temps.

- Avec CLOVIS (bataille de Vouillé en 507), roi mérovingien, le christianisme devient la religion du pouvoir royal. L’extraction des sarcophages de Doué est liée aux rites funéraires chrétiens des Mérovingiens (de 457 à 751).

- Un cimetière (68 tombes fouillées) et un édifice religieux carolingiens (du VIIIe au Xe siècle) sont découverts en 1998 au lieu-dit La Chaussée à Rochemenier. La motte carolingienne de Doué date aussi de cette époque. L’édifice religieux à abside est daté par 4 sépultures. Après la destruction de cet édifice (époque des invasions normandes), construction d’un nouvel édifice qui disparaît au plus tard au XIIe siècle (datation par une sépulture). L’église actuelle succède probablement à cet édifice sous la forme d’une chapelle-grange (plan rectangulaire très simple).

- 1238 (règne de LOUIS IX dit Saint-Louis) : première mention de « Rupes Mainerii » (Rochemenier).

- 1313 (règne de PHILIPPE IV LE BEL) : première mention de la chapelle de Rochemenier. On peut supposer que la chapelle était déjà dédiée à Sainte Emérance. L’apparence devait être très simple. La paroisse était à Varannes-sous-Doué : église Sainte Madeleine et Saint Jean.

- 1539 (règne de FRANCOIS 1er) : mort de messire Jean FAUQUEREAU, suite à un accident dans l’église (à Rochemenier ?). Document trouvé par Annie BRETHON à la Bibliothèque Nationale.

- 1540 (règne de FRANCOIS 1er) : date de la cloche de l’église de Rochemenier. L’inscription est : « LAN 1540 JE FUS FONDUE ET BAPTISEE LOUANGE A DIEU ». Cette cloche ne provient peut-être pas de Rochemenier puisque le clocher actuel n’était probablement pas encore construit. Le pignon de la chapelle-grange n’aurait pas supporté une cloche aussi lourde (230 kg). Ancienne cloche de l’église détruite de Varannes ?

- 1567 (règne de CHARLES IX) : destruction de l’église paroissiale Sainte Madeleine et Saint Jean et du village de Varannes par les Huguenots. Le service paroissial est transféré à Rochemenier. La chapelle de Rochemenier devient église Sainte-Madeleine et Saint-Jean en souvenir de l’église de Varannes. Les archives gardent les noms de 5 curés de Varannes, le dernier étant Jean ESNAULT nommé en 1558. Jean ESNAULT a vécu la destruction de l’église et du village de Varannes en 1567 et le transfert de la paroisse à Rochemenier. Il est remplacé par Math (urin, ieu ?) PERRE en 1572.

- 1582 (règne de HENRI III) : le plus ancien acte de baptême disponible dans les archives paroissiales de Varannes-sous-Doué. En réalité, l’église, la cure et la majeure partie de la population étaient dorénavant à Rochemenier. Les éventuels registres plus anciens ont disparu, s’ils ont toutefois existé.

- fin 16e ou début 17e siècle. L’église Sainte Madeleine et Saint Jean de Rochemenier (anciennement chapelle Sainte Emérance) est remaniée et agrandie. Façade ouest, chœur, clocher ? Elle ressemble alors à l’ancienne église de Varannes-sous-Doué. Comme cette dernière, elle est orientée, l’autel en direction du soleil levant. On peut remarquer que les tombes du cimetière sont également orientées, parallèles à l’église.

- 1720 (le 21 juin – règne de Louis XV) : tombe de Jeanne DESCHAMPS décédée à l’âge de 21 ans. Son père, marchand meunier (donc un personnage important) était décédé le 18 juin, trois jours avant. On ne remarque pas de surmortalité dans l’état-civil à cette époque-là, donc pas d’épidémie notable. La croix de la tombe est scellée dans le mur de l’église, ce qui est une situation inhabituelle.

- 1731 (le 11 septembre – règne de Louis XV) : pierre de consécration de l’autel du nouveau chœur par l’évêque d’Angers Jean de VAUGIRAULT. Ont assisté : les prêtres de Louresse et d’autres prêtres des paroisses environnantes. Cet agrandissement de l’église est sans doute nécessaire à cause de l’arrivée de nouveaux habitants depuis la destruction du village de Varannes-sous-Doué.

- 1738 (le 2 octobre – règne de Louis XV) : enterrement de Jeanne MAURICEAU à l’intérieur de l’église. Il y aurait eu plus de 50 sépultures de ce genre. On distingue encore des inscriptions quasiment illisibles sur certaines dalles. Il s’agit probablement de riches et de notables. Les classes inférieures, dont les prêtres, étaient enterrées à l’extérieur dans le cimetière.

- 1772 (le 27 septembre – règne de Louis XV) : le curé Pierre François PAUVERT offre et bénit 4 statues : Sainte Marie, Sainte Emérance, Sainte Agnès (disparue ?) et Saint Joseph. Le sculpteur est Sébastien-Johann LEYSNER né en 1728 en Franconie/Bavière. Il a beaucoup travaillé dans l’ouest de la France. Certaines œuvres sont exposées au Musée des Beaux-Arts d’Angers.

- 1788 (règne de Louis XVI) : La paroisse s’appelle encore officiellement « Varennes-sous-Doué ». Le nom change dans le registre paroissial en 1789 : « Varennes-sous-Doué ou Rochemenier », puis en 1792 « Varennes-sous-Doué alias Rochemenier ». Par la suite la paroisse s’appelle simplement « Rochemenier », comme la commune.

- 1789 (règne de Louis XVI) : mort du curé Pierre François PAUVERT âgé de 58 ans (pierre tombale dans l’église). Curé depuis 1763, soit pendant 26 ans. Son successeur est Alexandre RENAULT.

- 1792 (le 7 février – règne de Louis XVI) : dernier acte signé par le curé Alexandre RENAULT. Il s’agit de la sépulture de Jean MALLIER. Le curé RENAULT réfractaire est déporté en Espagne en septembre 1792. Le registre paroissial change alors de mains. Il y est écrit : 1ère année de la république. Le 11 octobre 1792 un acte de sépulture est signé conjointement par Sébastien BENOIST curé constitutionnel de Dénezé et Pierre MARQUIS curé constitutionnel de Louresse. Les autres actes jusqu’à fin 1792 sont signés par le maire Antoine GOURRE dans le registre paroissial.

- 1793 (le 7 janvier – règne de Louis XVI, guillotiné le 21 janvier) : un nouveau registre d’état-civil communal remplace le précédent registre paroissial. Le premier acte est rédigé par le maire GUYONNEAU : naissance de Pierre CHARTIER le 7 mars 1793. Le maire mentionne que le bébé a été baptisé dans l’église de Louresse, alors que ce genre de détail relève uniquement du registre paroissial. Les actes sont ensuite signés par le maire André PINSON à partir du 24 juin 1793.

- 1796 (le 27 juillet – gouvernement du Directoire) : attroupement hostile des habitants de Rochemenier envers le citoyen CARRY, acquéreur comme bien national du presbytère de Rochemenier. Les habitant de Rochemenier sont condamnés.

- 1800 (le 28 octobre – gouvernement du Consulat) : retour du curé Alexandre RENAULT, avant même le Concordat. Il reste à Rochemenier jusqu’en 1804. Il est remplacé par le curé concordataire André BASCHER. Celui-ci essaie de reconstituer le registre paroissial fragmentaire de la période révolutionnaire, en se basant, s’il le faut, sur l’état-civil communal.

- 1801 (gouvernement du Consulat) : Concordat entre NAPOLEON et le pape PIE VII. La paix religieuse revient.

- 1808 (le 5 mai – règne de NAPOLEON 1er) : dernier acte du registre paroissial rédigé par le dernier curé de Rochemenier Pierre LANCELOT. Il s’agit de la sépulture de René CAILLEAU (34 ans) enterré à Rochemenier.

- 1809 (règne de NAPOLEON 1er) : rattachement à la paroisse de Louresse. L’église de Rochemenier était devenue trop petite (260 habitants au recensement de 1790) et impossible à agrandir. La nef de l’église ne peut contenir au maximum que 120 personnes assises.

- 1817 (règne de LOUIS XVIII).  Après la chute de Napoléon, l’élaboration du cadastre napoléonien continue quand même. On y voit que la sacristie existait déjà, ainsi que la parcelle du cimetière.

- 1842 (le lundi 11 juillet – règne de LOUIS-PHILIPPE) dernier acte d’état-civil rédigé à la mairie de Rochemenier. Il s’agit du mariage de Pierre GODET et Joséphine COURJARET.

- 1842 (règne de LOUIS-PHILIPPE) : rattachement à la commune de Louresse qui devient Louresse-Rochemenier. En résumé : 5 maires ont administré Rochemenier. Le premier, en 1789 : Augustin GRIGNON. Puis : André PINSON, André COURJARET, Camille MERLET, et le dernier : André PINSON de 1840 à 1842. La commune de Rochemenier n’a duré que 53 ans.

- 1841 (règne de LOUIS-PHILIPPE) : recensement de 328 habitants. Le maximum mentionné dans les archives.

- 1870 environ (règne de NAPOLEON III) : chapeautage du clocher en pierre de grison, moins gélive que le tuffeau.

- 1986 : restauration de la baie de la façade ouest par Philippe JUIN tailleur de pierre et Jacques CHEVRIER maître verrier pour les vitraux. Les vitraux en losange de couleur verdâtre sont un réemploi de vitraux de la cathédrale de Nantes démontés pendant la guerre 1939-45.

- 1996 : démontage de la cloche et réparation en atelier par l’entreprise BODET. La réparation n’a pas tenu.

- 1999 (le 5 août) : vol de la porte du tabernacle, des angelots et de la couronne de Sainte Emérance.

- 2007 : réfection du plafond de la nef en châtaignier par l’entreprise ASSELIN de Thouars, et de la couverture en ardoise par l’entreprise Philippe JUIN d’Ambillou-Château.

 


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