Un évènement marquant : la visite pastorale de Monseigneur ANGEBAULT, évêque d'Angers, le 25 mai 1860.
"Nous Guillaume Laurent Louis Angebault Evêque d'Angers, dans le cours de nos visites pastorales, nous sommes transporté (*1) dans la paroisse de Louresse-Rochemenier le 24 mai 1860 au soir. À quelque distance sur la route une troupe nombreuse d'habitants sous les armes (*2) nous attendait pour nous servir d'escorte. Arrivés à l'entrée du bourg au milieu de cette garde d'honneur, nous avons été reçu par Monsieur le Curé, par Monsieur le Maire et Messieurs les membres du Conseil municipal et du Conseil de fabrique à la tête desquels avait bien voulu se placer Monsieur le Marquis de Contades membre du Conseil général et propriétaire de la terre de Launay. Nous nous sommes revêtu de nos ornements pontificaux dans une tente élégamment dressée au pied d'un magnifique calvaire, et alors Monsieur le Marquis de Contades nous a souhaité la bienvenue dans un langage plein de noblesse et d'émotion, où nous avons trouvé, sans étonnement, mais non sans joie, parmi des paroles trop flatteuses pour nous, l'expression de leur sympathie la plus franche et la plus chrétienne pour le chef auguste de l'église aujourd'hui si éprouvé (*3). Nous avons remercié Monsieur le Marquis de ses sentiments si bienveillants et si élevés. Nous nous sommes associé du fond de notre cœur aux vœux qu'il venait de former pour le père bien aimé de la grande famille chrétienne, espérant que ces vœux étaient ceux de tous les habitants de Louresse. Puis, après avoir remercié aussi Monsieur le Maire des bonnes paroles qu'il avait voulu nous adresser à son tour, nous nous sommes dirigé processionnellement vers l'église en bénissant les nombreuses mères de famille prosternées avec leurs jeunes enfants sur notre passage. Arrivé à l'église et les cérémonies d'usage accomplies, nous avons entendu une allocution de Monsieur le Curé. Le digne pasteur, après avoir rappelé la première visite que nous avions faite dans sa paroisse il y a 15 ans et les fruits de salut qu’elle a produit, a réjoui notre cœur en nous attestant la fidélité générale et persévérante de ses paroissiens aux pratiques de la religion. La foi est profonde parmi eux et les bonnes mœurs en honneur, et malgré les efforts de l'homme ennemi qui travaille ici comme partout, l’ivraie n’est point encore parvenue à étouffer le bon grain. Dans notre réponse nous avons remercié Monsieur le Curé et les bons habitant de la réception empressée qu'ils nous avait ménagée à la fin d'une journée pleine de fatigue. C'était pour nous un délassement et un bonheur de nous trouver en terminant au sein d'une population bien chrétienne.
Puis nous avons donné aux parents et aux enfants quelques conseils, les engageant surtout à résister soigneusement à cet entraînement malheureux qui emporte la jeunesse vers les villes où elle ne trouve, au lieu de la fortune, que la déception, la misère et l'immoralité. Nous avons ensuite donné la bénédiction du Saint Sacrement, puis nous nous sommes retiré au château de Launay où Monsieur le Marquis de Contades avait bien voulu nous offrir une gracieuse hospitalité.
Le lendemain matin à 8 heures nous avons célébré le Saint Sacrifice de la messe et administré le sacrement de la confirmation à environ 250 personnes des paroisses de Louresse, Rochemenier, Ambillou, et Noyant. Après la bénédiction du Saint Sacrement et les prières pour les défunts, nous avons été reconduit processionnellement au presbytère et avant de nous séparer de ces bons habitants nous avons voulu donner à tous notre bénédiction pontificale.
Dans la matinée, Monsieur l'Abbé Chesneau, notre vicaire général, a fait la visite de l'église et de la sacristie et présidé le Conseil de Fabrique.
De tout quoi nous avons dressé et signé le présent procès-verbal au château de Launay le 25 mai 1860."
Signatures lisibles :
Evêque d’Angers
Marquis de Contades
Vicomtesse de Contades
Dubois, curé de Louresse
Doucet, curé de Doué
Pineau, curé de Forges
Hamon, curé de Milly
Barreau, supérieur du collège de Doué
Pessard, secrétaire de Monseigneur
Chesneau, vicaire général
(*1) "nous" et "vous" renvoient à une seule personne (nous de modestie ou de majesté et vous de politesse), les adjectifs et participes passés se mettent au singulier. Ils seront au masculin ou au féminin selon le sexe de la personne.
(*2) (langage familier) bien habillés.
(*3) formulation énigmatique. Le pape Pie IX avait-il des soucis de santé ?